dimanche 25 septembre 2016

Pas assez pour faire une femme, Jeanne Benameur (2013)

    Voilà, j'enchaîne les lectures (quoi que, un peu moins depuis la reprise du travail) et je ne prends pas le temps de bloguer. Flemme. Manque d'envie. Pourtant de nombreuses citations sont en attentes ! Alors, je reprends par un auteur que j'aime énormément et que j'ai eu la chance de rencontrer. 



4eme de couverture :
     Quand Judith rencontre Alain, elle découvre à la fois l'amour et la conscience politique. Cette jeune fille qui a grandi en oubliant qu'elle avait un corps est parvenue de haute lutte à quitter une famille soumise à la tyrannie du père pour étudier à la ville. Alain est un meneur, il a du charisme et parle bien, il a fait Mai 68. Si elle l'aime immédiatement, c'est pour cela : les idées auxquelles il croit, qu'il défend et diffuse, qui donnent un sens au monde.
    Bref et intense, ce récit est celui d'une métamorphose : portée par l'amour qu'elle donne et reçoit, Judith se découvre un corps, une voix, des opinions, des rêves. L'entrée dans le monde de la littérature, de la pensée, de l'action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu'où ?


Citations :
  • "Parce que chez moi à l'intérieur, il y a une zone fermée, barricadée. Depuis si longtemps que je ne sais même plus. Peut-être que je suis née avec. Une zone que je n'approche pas. Trop dangereuse. Territoire miné. Les mines je ne sais même pas où elles sont ni qui les a posées. Je les sens c'est tout. Moi je sais qu'elles sont là. Je n'en parle à personne. Parce que ma mère ou ma soeur, elles ne comprendraient pas. Elles diraient qu'à force de lire je deviens folle ou quelque chose comme ça. Alors je me tais. Et je fais avec. Comme je peux." (p.12) 
  • "J'ai grandi seule. Dans ma tête. J'ai oublié mon corps." (p.16)
  • "Et quand j'ai encore passé une sale nuit, je sais que si je prends un livre dès le réveil, ça ira mieux. Dans la lecture, je vais partir loin de ce qui me poursuit et qui n'a pas de visage." (p.22)
  • "Je m'endors tranquille dans ma petite chambre, les livres en pile au pied de mon lit. Si je me réveille la nuit, je sais que je peux replonger dans la lecture et que le sommeil va me cueillir à nouveau, embarquée loin dans l'écriture d'autres que moi et parfois ramenée si près de moi que j'en suis bouleversée, comme si le livre n'était que pour moi. Je ne sais pas comment font les auteurs pour arriver à ça mais c'est magnifique." (p.40)
  • "Chaque jour était un monde et la vie enfin était une aventure." (p.63)
  • "Et c'est en lisant des romans que j'ai appris à aimer vraiment les gens. Comme quoi la fiction, hein, ça sert à quelque chose !" (p.63)
  • "La littérature entrait dans ma vie au plus intime et je sentais qu'elle me permettait de vivre. Elle ouvrait un espace possible pour respirer à l'intérieur de moi. Je prenais force. Dans le silence des mots écrits. Ceux des autres. Les miens." (p.66)



Pas le courage d'écrire en toutes lettres pourquoi j'ai aimé ce petit roman. Les citations et la vidéo parlent pour moi.

Pas assez pour faire une femme, J.Benameur
Ed. babel (2013), 82 pages.

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