vendredi 19 août 2016

Et je danse aussi, Bondoux et Mourlevat (2015)

4eme de couverture :

     Un mail comme une bouteille à la mer. D'ordinaire, l'écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d'admirateurs. Mais cette Adeline Parmelan n'est pas une "lectrice comme les autres". Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu'elle lui a fait parvenir -- et qu'il n'ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s'établit qui en dévoile autant qu'elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun...




Mon avis :


     Voici un roman lu il y a plus d'un mois, mais qui reste très présent à mon esprit. Un petit bijou qui fait du bien au moral ! Pourtant, je l'ai acheté, sans trop y croire. Le livre avait fait le tour de la blogosphère un an auparavant et je suis toujours un peu méfiante quand c'est comme ça. A tort d'ailleurs ! Puis, je connaissais les auteurs pour avoir lu plusieurs de leurs romans jeunesse qui m'ont toujours enchantée. Je me suis donc dit que je ne risquais pas grand-chose à lire un roman qui les réunissait  ! J'avais besoin d'un roman "feel-good", et n'ai pas été déçue ! 

     On se prend très vite au jeu de cette correspondance. Les personnages sont attachants, notamment cette fameuse Adeline Parmelan qui ose envoyer un courrier à un écrivain célèbre, Pierre-Marie Sotto et qui lui laisse son mail (chose que je n'oserai jamais faire personnellement !). Cette enveloppe intrigue au départ, puis on l'oublie vite pour s'attacher à la naissance de l'amitié entre les deux protagonistes. Cela dit, à un moment donné, je me suis dit que s'ils correspondaient uniquement tous les deux pendant 300 pages, ça pouvait traîner en longueur. Mais d'autres personnages interviennent. Pierre-Marie correspond également avec un couple d'amis, Max et Josy, qui habitent à Orléans, là où justement habite Adeline ! Puis arrive Lisbeth, l'amie de Josy. Et à partir de ce moment-là, qu'est-ce que j'ai ri ! L'arrivée de ces trois personnages apporte une fraîcheur indéniable.

    C'est donc une lecture que je recommande fortement. L'écriture est fluide, facile. On se laisse prendre rapidement au jeu de cette correspondance. Puis les petits dessins qui agrémentent chaque courrier rendent la lecture encore plus légère. On rit, on est ému par le parcours d'Adeline, par la tristesse de Pierre-Marie. Et en même temps, il y a du suspens. On s'interroge sur cette Adeline. Qui est-elle réellement ? Que contient l'enveloppe ?

  Encore une fois, grâce à ce petit bijou, la littérature m'a montré qu'on peut oublier ses propres peines.




Quelques citations :

"Même si on ne rattrape jamais le temps perdu, on peut décider de ne plus en perdre." (p.18) 

"Je suis peut-être naïve, mais il me semble que l'écriture réclame une certaine humilité et que les écrivains sont toujours amenés à avouer leurs faiblesses, leurs failles, leurs blessures. La matière première de l'écriture doit venir de là, non ? De ces trous de l'âme d'où s'écoulent nos souffrances." (p.52)  

"Ceci dit, la littérature n'est que mensonge, enfin invention, ce qui est la même chose, l'invention étant un mensonge avoué par avance, non ?" (p.156) 

"Chuter, choir, flancher, trébucher, n'arrivait pas par hasard mais pratiquement toujours à un moment où les gens se trouvaient intérieurement privés de leurs repères, et déséquilibrés." (p.279)  


Et je danse aussi, 2015, A-L Bondoux et J-C Mourlevat
ed.Pocket (300p)