mardi 27 septembre 2016

Des vies en mieux, Anna Gavalda (2014)

Quatrième de couverture :

" Billie a 13 ans. Elle n'a connu que les coups et la misère. Un matin, en classe, elle découvre On ne badine pas avec l'aour d'Alfred de Musset et l'amitié. Sa vie va changer.

   Mathilde a 24 ans. Un jour, elle oublie son sac à main dans un café. Un homme lui rend la semaine suivante et, à cause de cet homme justement, elle décide de changer de vie.

   Yann a 26 ans. Un soir, il rend service à son voisin de palier qui l'invite à dîner pour le remercier. Au cours de cette soirée, il réalise que sa vie n'a aucun intérêt et qu'il doit tout recommencer.

   Trois prénoms. Trois histoires. Trois jeunes gens d'aujourd'hui, déterminés et courageux, qui préfèrent encore se tromper de vie que de n'en vivre aucune."





Mon avis :

   Des vies en mieux est un recueil de trois nouvelles : "Billie", "Mathilde", et "Yann". Depuis longtemps je cherchais partout le livre Billie avec le petit âne en couverture sans plus jamais le trouver, alors que j'avais bien souvenir de ne voir que lui sur les étagères des libraires il y a deux ou trois ans. Quelle ne fut pas ma surprise de le découvrir dans ce livre (l'âne en couverture en moins), livre que j'avais pris pour son titre prometteur. Des vies en mieux, ça fait rêver, non ?

   J'ai donc enfin pu faire la connaissance de Billie, mais j'avoue que ce n'est pas le personnage que j'ai préféré. Cela dit, cette lecture aura été l'occasion de me replonger dans un classique lu plusieurs fois, mais il y a maintenant presque 20 ans, On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset.
   En fait, j'ai préféré la deuxième nouvelle "Mathilde" plus que la première, et la troisième, "Yann", plus que la deuxième !

   Dans Billie, j'ai aimé cette amitié naissante entre deux gamins paumés du collège, rejetés par les autres, qui deviendra une amitié indéfectible. Mais j'ai eu du mal avec l'écriture. J'avais beau savoir que c'était pour retranscrire le milieu social du personnage, j'ai eu du mal.

   Dans Mathilde, le côté tête en l'air du personnage perdant un sac bourré de fric m'a plu, tout comme l'honnêteté de l'homme qui lui ramène le sac et le lien qui va s'établir entre eux.

   Mais la nouvelle que j'ai préférée c'est "Yann". Cette rencontre avec ses voisins qui va changer sa vie, j'ai trouvé ça génial.

   Trois lectures sympathiques qui ne me laisseront peut-être pas un souvenir impérissable, mais qui m'ont fait passer un bon moment de lecture. C'est tout ce que je demandais cet été !



Quelques citations : 

  •  Concernant les téléphones portables et internet : "Toutes ces distractions qui vous distraient de vous-mêmes, qui vous ont fait perdre l'habitude de penser à vous, de rêver à vous, de papoter avec la base, d'apprendre à vous connaître ou à vous reconnaître, de regarder les autres, de sourire aux inconnus, de mater,  de flirter,  d'emballer, de baiser même ! mais qui vous donnent l'illusion d'en être et d'embrasser le monde entier...    Tous ces sentiments codés, toutes ces amitiés qui ne tiennent qu'à un fil, qu'il faut recharger tous les soirs et dont il ne resterait rien si les plombs sautaient, c'est pas du fantasme, ça, peut-être ?" (Mathilde, p.294) 
  • "Mais Mathilde...mais c'est magnifique de souffrir quand on est en bonne santé. C'est un privilège ! Il n'y a que les morts qui ne souffrent plus ! Réjouis-toi, ma belle ! Va, cours, vole, espère, plante-toi, saigne ou festoie, mais vis ! Vis un peu !" (Mathilde, p.299)
  •  "Emoticône. Les nom est aussi vulgaire que la chose. Je hais ces trucs de feignants. Au lieu d'exprimer un sentiment, on l'expédie. On appuie sur une touche et tous les sourires du monde sont pareils. Les joies, les doutes, le chagrin, la colère, tout a la même gueule. Tous les élans du coeur se retrouvent réduits à cinq ronds hideux. Putain, quel progrès..." (Yann, p.342)
  • "Sans parler [des professeurs] de français qui finissaient toujours par vous dégoûter de lire à force de vous obliger à tout saloper -- Relevez et ordonnez le champ lexical de la sensualité dans ce poème de Baudelaire, boum, terminus, tout le monde débande -- [...]" (Yann, p.344) 
  • "Mais, Yann... Mon jeune ami... Bien sûr que je la connaissais. Les gens qu'on aime, on ne les rencontre pas, voyons, on les reconnaît. Vous ignoriez cela ?" (Yann, p.388)
  • "Car  c'est une chose que j'ai apprise dans mon métier et c'est valable pour toutes les occasions où le hasard a envie de s'amuser aussi, j'imagine... Il arrive un moment où il faut provoquer le destin. Le provoquer dans le sens le défier. Oui, il arrive toujours un moment où il faut aller chercher sa chance par la peau du cou et essayer de l'émouvoir en misant le tout pour le tout. Tous ses jetons, tout son pognon, toutes ses réserves d'enchères. Son confort, sa retraite, le respect de ses pairs, sa dignité, tout. Sur des coups pareils, ce n'est pas "Aide-toi et le Ciel t'aidera", c'est "Divertis-le et le Ciel te remerciera peut-être." (Yann, p.393)
  • "Je te quitte parce que tu n'es pas indulgente et parce que tu ne vois jamais ce qui compte vraiment chez les gens. Franchement, quelle importance "é" ou "er" ou que ce soit le pull de ma soeur plutôt que ça soye le pull à ma soeur, hein ? Quelle importance ? Bien sûr, ça écorche un peu l'oreille et un peu la langue, bon, mais... et alors ? Ça n'abîme rien d'autre que je sache. Ça n'abîme rien des gens, du coeur des gens, de leurs élans, et de leurs intentions, enfin si, ça bousille tout puisque tu les méprises avant même qu'ils aient eu le temps finir leur phrase..." (Yann, p.420)

Des vies en mieux, Anna Gavalda (2014)
Ed.J'ai lu (430 pages)

dimanche 25 septembre 2016

Pas assez pour faire une femme, Jeanne Benameur (2013)

    Voilà, j'enchaîne les lectures (quoi que, un peu moins depuis la reprise du travail) et je ne prends pas le temps de bloguer. Flemme. Manque d'envie. Pourtant de nombreuses citations sont en attentes ! Alors, je reprends par un auteur que j'aime énormément et que j'ai eu la chance de rencontrer. 



4eme de couverture :
     Quand Judith rencontre Alain, elle découvre à la fois l'amour et la conscience politique. Cette jeune fille qui a grandi en oubliant qu'elle avait un corps est parvenue de haute lutte à quitter une famille soumise à la tyrannie du père pour étudier à la ville. Alain est un meneur, il a du charisme et parle bien, il a fait Mai 68. Si elle l'aime immédiatement, c'est pour cela : les idées auxquelles il croit, qu'il défend et diffuse, qui donnent un sens au monde.
    Bref et intense, ce récit est celui d'une métamorphose : portée par l'amour qu'elle donne et reçoit, Judith se découvre un corps, une voix, des opinions, des rêves. L'entrée dans le monde de la littérature, de la pensée, de l'action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu'où ?


Citations :
  • "Parce que chez moi à l'intérieur, il y a une zone fermée, barricadée. Depuis si longtemps que je ne sais même plus. Peut-être que je suis née avec. Une zone que je n'approche pas. Trop dangereuse. Territoire miné. Les mines je ne sais même pas où elles sont ni qui les a posées. Je les sens c'est tout. Moi je sais qu'elles sont là. Je n'en parle à personne. Parce que ma mère ou ma soeur, elles ne comprendraient pas. Elles diraient qu'à force de lire je deviens folle ou quelque chose comme ça. Alors je me tais. Et je fais avec. Comme je peux." (p.12) 
  • "J'ai grandi seule. Dans ma tête. J'ai oublié mon corps." (p.16)
  • "Et quand j'ai encore passé une sale nuit, je sais que si je prends un livre dès le réveil, ça ira mieux. Dans la lecture, je vais partir loin de ce qui me poursuit et qui n'a pas de visage." (p.22)
  • "Je m'endors tranquille dans ma petite chambre, les livres en pile au pied de mon lit. Si je me réveille la nuit, je sais que je peux replonger dans la lecture et que le sommeil va me cueillir à nouveau, embarquée loin dans l'écriture d'autres que moi et parfois ramenée si près de moi que j'en suis bouleversée, comme si le livre n'était que pour moi. Je ne sais pas comment font les auteurs pour arriver à ça mais c'est magnifique." (p.40)
  • "Chaque jour était un monde et la vie enfin était une aventure." (p.63)
  • "Et c'est en lisant des romans que j'ai appris à aimer vraiment les gens. Comme quoi la fiction, hein, ça sert à quelque chose !" (p.63)
  • "La littérature entrait dans ma vie au plus intime et je sentais qu'elle me permettait de vivre. Elle ouvrait un espace possible pour respirer à l'intérieur de moi. Je prenais force. Dans le silence des mots écrits. Ceux des autres. Les miens." (p.66)



Pas le courage d'écrire en toutes lettres pourquoi j'ai aimé ce petit roman. Les citations et la vidéo parlent pour moi.

Pas assez pour faire une femme, J.Benameur
Ed. babel (2013), 82 pages.

vendredi 19 août 2016

Et je danse aussi, Bondoux et Mourlevat (2015)

4eme de couverture :

     Un mail comme une bouteille à la mer. D'ordinaire, l'écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d'admirateurs. Mais cette Adeline Parmelan n'est pas une "lectrice comme les autres". Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu'elle lui a fait parvenir -- et qu'il n'ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s'établit qui en dévoile autant qu'elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun...




Mon avis :


     Voici un roman lu il y a plus d'un mois, mais qui reste très présent à mon esprit. Un petit bijou qui fait du bien au moral ! Pourtant, je l'ai acheté, sans trop y croire. Le livre avait fait le tour de la blogosphère un an auparavant et je suis toujours un peu méfiante quand c'est comme ça. A tort d'ailleurs ! Puis, je connaissais les auteurs pour avoir lu plusieurs de leurs romans jeunesse qui m'ont toujours enchantée. Je me suis donc dit que je ne risquais pas grand-chose à lire un roman qui les réunissait  ! J'avais besoin d'un roman "feel-good", et n'ai pas été déçue ! 

     On se prend très vite au jeu de cette correspondance. Les personnages sont attachants, notamment cette fameuse Adeline Parmelan qui ose envoyer un courrier à un écrivain célèbre, Pierre-Marie Sotto et qui lui laisse son mail (chose que je n'oserai jamais faire personnellement !). Cette enveloppe intrigue au départ, puis on l'oublie vite pour s'attacher à la naissance de l'amitié entre les deux protagonistes. Cela dit, à un moment donné, je me suis dit que s'ils correspondaient uniquement tous les deux pendant 300 pages, ça pouvait traîner en longueur. Mais d'autres personnages interviennent. Pierre-Marie correspond également avec un couple d'amis, Max et Josy, qui habitent à Orléans, là où justement habite Adeline ! Puis arrive Lisbeth, l'amie de Josy. Et à partir de ce moment-là, qu'est-ce que j'ai ri ! L'arrivée de ces trois personnages apporte une fraîcheur indéniable.

    C'est donc une lecture que je recommande fortement. L'écriture est fluide, facile. On se laisse prendre rapidement au jeu de cette correspondance. Puis les petits dessins qui agrémentent chaque courrier rendent la lecture encore plus légère. On rit, on est ému par le parcours d'Adeline, par la tristesse de Pierre-Marie. Et en même temps, il y a du suspens. On s'interroge sur cette Adeline. Qui est-elle réellement ? Que contient l'enveloppe ?

  Encore une fois, grâce à ce petit bijou, la littérature m'a montré qu'on peut oublier ses propres peines.




Quelques citations :

"Même si on ne rattrape jamais le temps perdu, on peut décider de ne plus en perdre." (p.18) 

"Je suis peut-être naïve, mais il me semble que l'écriture réclame une certaine humilité et que les écrivains sont toujours amenés à avouer leurs faiblesses, leurs failles, leurs blessures. La matière première de l'écriture doit venir de là, non ? De ces trous de l'âme d'où s'écoulent nos souffrances." (p.52)  

"Ceci dit, la littérature n'est que mensonge, enfin invention, ce qui est la même chose, l'invention étant un mensonge avoué par avance, non ?" (p.156) 

"Chuter, choir, flancher, trébucher, n'arrivait pas par hasard mais pratiquement toujours à un moment où les gens se trouvaient intérieurement privés de leurs repères, et déséquilibrés." (p.279)  


Et je danse aussi, 2015, A-L Bondoux et J-C Mourlevat
ed.Pocket (300p)

lundi 4 juillet 2016

La vie est facile, ne t'inquiète pas, A.Martin-Lugand (2015)

   "Rentrée d'Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. avec l'aide de son ami Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C'est là, aux "Gens heureux lisent et boivent du café", son havre de paix, qu'elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, t surtout, il comprend son refus d'être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille.
    Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.
    Aura-t-elle le courage d'accepter un autre chemin ?"








     Une première pour moi : aussitôt la lecture de Les gens heureux lisent et boivent du café terminée, je suis allée me procurer la suite. Je ne pouvais pas quitter Diane comme ça ! Je devais savoir ce qui lui arrivait ensuite ! Ce n'est pourtant pas du tout le genre de romans que je lis d'habitude. Mais, la lecture est "facile", et surtout elle fait du bien au moral ! Et puis, j'ai bien fait, parce que j'ai trouvé l'écriture de cette suite plus aboutie, plus approfondie. Ce qui a été un petit plus, parce que (déformation professionnelle oblige) je suis un peu (beaucoup) sensible au style de l'écriture. Mais ça, je l'ai déjà dit dans ma précédente chronique, je ne vais donc pas revenir là-dessus.

     C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé Diane. Mais là, elle m'a un peu agacée quand même. Le côté mon coeur balance entre deux hommes, ça va 5 minutes. Oui, parce que non seulement il y a Olivier  présenté dans la quatrième de couverture, mais il y a un autre homme. D'un côté le gentil, attentionné, sécurisant Olivier ; et de l'autre un homme sombre et ténébreux. A plusieurs reprises, j'ai eu envie de la secouer et de lui dire : "Arrête de tergiverser, tu sais très bien qui tu aimes !" 

     Puis, il y a aussi cet enfant, Deaclan, qui apparaît. Ce qui n'est pas sans tourmenté Diane. Mais Deaclan et elle sont unis par un même lien. Si elle a perdu sa fille, le petit garçon de 6 ans a perdu sa mère. Ce n'est pas sans émotion que j'ai lu cette partie de l'histoire.


    Pour conclure, cette lecture fut pleine d'émotions (peut-être plus que la lecture précédente), même si l'indécision de Diane m'a quelque peu agacée par moments. Une lecture qui remonte le moral, même si le sujet de départ est loin d'être gai !

Citations :

"L'aboutissement d'un deuil normal n'est en aucune façon l'oubli du disparu, mais l'aptitude à le situer à sa juste place dans une histoire achevée, l'aptitude à réinvestir pleinement les activités vivantes, les projets et les désirs qui donnent de la valeur à l'existence."  (Monique, Bydlowski, Je rêve un enfant). 

"La mort était triste mais n'était pas une fin en soi."  (p.183)

"Je voulais conseiller les lecteurs en leur permettant de se faire plaisir, de lire les histoires dont ils avaient envie, et ce sans avoir honte. Peu importait qu'ils veuillent lire un prix littéraire ou un succès populaire, une seule chose comptait : que les clients lisent, sans avoir l'impression d'être jugés quant à leur choix. La lecture avait toujours été un plaisir pour moi, je souhaitais que les personnes qui fréquentaient mon café le ressentent, le découvrent et tentent l'aventure pour les plus réfractaires." (p.24)


La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand (2015)
ed. Pocket (240p)

vendredi 24 juin 2016

Les gens heureux lisent et boivent du café, A.Martin-Lugand (2013)


    "Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Egarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. Afin d'échapper à son entourage, elle décide de s'exiler en Irlande, seule.
     Mais à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper..."



     Voici un livre qui n'est plus à présenter. Ça fait maintenant pas mal de temps que je le vois en librairie, et il fut un temps (peut-être un an ?) où il était chroniqué par (presque) tous les blogs de lecture. A vrai dire, si le titre me plaisait bien, l'histoire ne m'avait jamais tentée. Faut dire aussi que je me méfie pas mal des  romans dont j'entends trop souvent parler. Souvent je ne les lis pas, ou alors très longtemps après leur publication. Là, c'est autre chose. 
  
     En cette période sombre de ma vie, j'avais besoin d'une histoire qui redonne espoir. Le titre est en cela prometteur, et l'histoire, si elle n'a rien d'exceptionnel, fait du bien au moral. Lire l'histoire tragique d'un personnage et voir comment il réussit à remonter la pente permet de "relativiser" ce qu'il nous arrive ou du moins, de voir qu'on peut s'en sortir. C'est ce dont j'avais besoin en ce moment.  

    Certes, l'écriture ne m'a pas transportée. Parfois même, certaines expressions, trop familières à mon goût, m'ont dérangée. On est loin de l'écriture poétique. On est dans le réel, le quotidien avec des expressions comme "pétasse", "j'en ai ras le cul", et bien d'autres encore. Je ne suis pas fan de ce genre d'écriture quand c'est juste pour faire plus réel. Pour moi, l'écriture, la littérature, doit m'emporter hors de mon quotidien, ou alors il doit y avoir une recherche stylistique derrière, ce qui n'est pas le cas ici (ou alors je suis passée à côté). Si je veux ce genre de vocabulaire, j'allume la télé et regarde n'importe quel programme de TF1 ou M6 (pour ne citer qu'eux), ou je discute avec mes amis. Mais la lecture, c'est autre chose. 

     Cela dit, cela ne m'empêchera pas d'aller lire la suite qui a elle aussi un titre prometteur pour remonter le moral : La vie est facile, ne t'inquiète pas. En ce moment, je ne  recherche pas la "Grande" littérature, mais simplement une histoire qui redonne goût à la vie. C'est tout ce que je demandais à ce roman. Mission réussie.

Citation :

"Nous comptons bien qu'il sera surmonté après un certain laps de temps, et nous considérons qu'il sera inopportun et même nuisible de le perturber." (S.Freud, à propos du deuil, "Deuil et Mélancolie" in Métapsychologie) 


Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand
ed. Pocket, 177p. (2013)

dimanche 12 juin 2016

Changement de nom.

    Depuis quelque temps déjà, j'avais envie de changer le nom du blog. "A l'ombre des livres" ne me parlait plus vraiment. Je trouvais que cela était trop restrictif. J'avais envie de parler cuisine, tricot, cinéma, ou je ne sais quoi d'autre sur le blog, et le nom n'allait pas. 
      Il y a quelques jours, j'ai vécu un grand drame dans ma vie, et le changement de nom s'est imposé de suite en écoutant l'émission de Guillaume Gallienne sur France inter : "Un peu de lecture, ça peut pas faire de mal". J'ai donc repris l'idée, mais de façon générale. En plus, je trouve le nom "Ça ne peut pas faire de mal..." bien plus positif que le mot "ombre". Maintenant, reste à savoir si je vais réellement parler d'autres choses que de littérature...

vendredi 3 juin 2016

Une relation dangereuse, Douglas Kennedy (2003)

   "Quand Sally rencontre Tony...
   Ils se sont trouvés. Elle, fonceuse, ambitieuse, prête à tout pour décrocher un scoop. Lui, cynique, élégant, jamais plus à l'aise qu'en zone de guerre. Le journalisme extrême : voilà leur drogue, leur raison de vivre. Jusqu'à aujourd'hui. un seul regard a suffi pour les rendre accros l'un à l'autre.
   Dès lors, les événements se précipitent. Un mariage, une maison, un enfant en route... Elle pouponnera, il écrira enfin son roman. Le rêve. Ou presque. Peu à peu, Sally s'enfonce dans la dépression. l'homme qui partage son lit, cet inconnu trop vite épousé, semble cacher bien des vices. Et l'idylle éclatante prend soudain des allures de machination perverse..."





     C'est le premier roman de Douglas Kennedy que je lis. La quatrième de couverture ainsi que le titre étaient assez alléchants, et j'avais découvert l'auteur lors d'un de ses passages dans l'émission La Grande Librairie, il y a quelques mois. C'est donc avec envie que je suis entrée dans l'histoire. Malheureusement, j'ai vite déchanté. Non que l'histoire ne soit pas intéressante. Seulement, ce n'était pas le bon livre au bon moment. L'alchimie n'a pas opéré. Pour tout dire, j'ai eu l'impression de regarder un téléfilm américain qui passe sur M6 l'après-midi (et étant en arrêt depuis plusieurs mois, j'en connais un rayon à ce sujet ! ). Non que je n'aime pas, mais là ce n'était pas ce que je recherchais. Cela dit, il y a de l'action et, même si je n'ai pas apprécié plus que cela cette lecture, j'avoue qu'une fois partie, difficile d'arrêter ! Et ce dès le début. Parce qu'il lui arrive plein de choses à Sally !
     Tout d'abord, cette rencontre avec Tony dans l'hélico de la croix rouge en Somalie. Puis leur amour naissant, au Caire où ils sont tous les deux reporters de guerre. Puis leur mariage et leur déménagement à Londres. C'est là que les problèmes commencent à arriver. En effet, si Tony est anglais, Sally, elle, est américaine. Elle n'a donc jamais mis les pieds à Londres et doit s'habituer à sa nouvelle vie. Mais la vie est belle. Elle est amoureuse, fraîchement mariée, et enceinte ! Mais la réalité sera toute autre. D'abord parce cette grossesse ne se passe pas idéalement. Puis l'accouchement sera une horreur et laissera place à une dépression post-natale assez carabinée. Bref, quand je dis que ce n'était pas le bon livre au bon moment... Tout aurait pu allait pour le mieux, malgré tout cela, si Tony avait été réellement le prince charmant qu'il donnait l'impression d'être au Caire. Or, de retour dans son pays, là aussi la réalité est toute autre.

     Pour conclure, j'ai aimé le personnage de Sally, son optimisme, sa combativité. L'histoire aurait pu me convenir parfaitement, mais à une autre période de ma vie ! C'est haletant, bien écrit (même si j'ai noté que le traducteur était accro aux expressions "à telle enseigne que" et "à l'instar de" !). Une expression à la fin m' a fait rire : "constipation émotionnelle" ! J'ai assez aimé l'image ! 
     Bref, un roman à lire sur la plage cet été, si vous aimez les téléfilms américains, et que vous n'êtes pas enceinte (ou alors seulement si votre grossesse se passe bien !).

Une citation pour finir :

"[...] on peut devenir ce que l'on veut être à condition d'y croire [...]" (p.379).

Douglas Kennedy, Une relation dangereuse (2003), 
éd. Pocket ; 532p.

jeudi 2 juin 2016

De retour de la médiathèque...

Ça faisait quelque temps que je n'avais pas mis les pieds à la médiathèque (j'avais d'ailleurs beaucoup de retard pour rendre un livre ). J'ai profité de l'arrêt de la pluie pour enfin sortir de chez moi et voici ce que j'ai trouvé. Pas de romans, j'en ai déjà pleins qui m'attendent sur mes étagères (puis je dois avoir un problème : chaque fois que j'en emprunte un ou que l'on m'en prête un, je ne le lis pas, c'est plus fort que moi). Seulement des livres "techniques" qui peuvent être feuilletés à tout moment.

http://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/5f/66/61/6383199/1540-1.jpgEtant en arrêt pour encore très longtemps, je me suis dit que c'était l'occasion de sortir et tester d'un peu plus près ma machine à coudre. Rien de tel que l'arrivée d'un bébé pour avoir l'âme créative !

http://static.fnac-static.com/multimedia/FR/Images_Produits/FR/fnac.com/Visual_Principal_340/3/8/7/9782012306783.jpgParce que j'en ai assez de regarder des choses sur internet. J'ai davantage confiance en les livres. Peut-être à tort, je me dis que les infos sont plus fiables.

http://www.editions-larousse.fr/sites/default/files/styles/large/public/images/livres/9782035906625-X_0.jpg?itok=rJsey05nHistoire de faire venir le soleil. Mais aussi parce que la grossesse est un moment privilégié pour "mieux" se nourrir.

Afficher l'image d'origineC'est un auteur-psychiatre que j'ai découvert à La Grande Librairie la semaine dernière. J'avais donc envie de le découvrir de plus près. Puis mettre plus d'optimisme dans la vie est un de mes objectifs en ce moment.

Voilà. Ce n'est pas un gros butin, mais c'est suffisant pour le moment. Ceux-là, au moins, je suis sûre de les ouvrir et les feuilleter !

mardi 24 mai 2016

De retour...

   Ça fait un bail que je ne suis pas venue par ici ! Pourtant, ce n'est pas le temps qui m'a manqué. Bien au contraire. En arrêt depuis trois mois (et ce pour une éternité encore), la panne de lecture m'a surprise, et avec elle le manque d'envie de bloguer. Pis encore, j'ai déserté les forums de lecture ! 
  Mais depuis peu (environ deux semaines), les choses ont changé. Je suis à nouveau zen. Les problèmes liés à la grossesse s'étant atténués, je peux désormais profiter pleinement des quelques mois de grossesse qui me restent et retrouver le plaisir de lire. D'ailleurs, à moi les gros pavés, et les classiques ! J'ai tout mon temps, et par conséquent, tout le loisir de les apprécier ! J'ai ainsi lu La Curée de Zola (ce n'est pas mon préféré des Rougon-Maquard, soit dit en passant) et commencé le premier tome de La Recherche du temps perdu. C'est une lecture lente, mais assez savoureuse. En parallèle, j'ai entamé mon premier Douglas Kennedy, Une relation dangereuse. Ça se lit beaucoup plus vite que Proust ! Il serait bon aussi que je termine les deux romans laissés en plan il y a plusieurs mois : Juste avant l'oubli de Alice Zeniter et Bal de givre à New York de Fabrice Colin. Mais ils peuvent attendre encore un peu.

   J'espère que cette panne de lecture est bel et bien derrière moi, et que l'envie de bloguer va elle aussi revenir !

lundi 22 février 2016

Boomerang, Tatiana de Rosnay (2009)



     Cela faisait plusieurs mois que ce roman me faisait de l'oeil. Depuis octobre, en réalité, lorsque j'ai vu la bande annonce du film. Comme toujours, je préfère lire le roman avant de voir l'adaptation. Maintenant que c'est chose faite, je vais pouvoir me procurer le film, qui je pense est bien meilleur que le roman lui-même. En tout cas, l'histoire est intéressante, et j'espère que le réalisateur a su mieux l'exploiter que son auteur.

     C'est la première fois que je lis un roman de cet auteur (et je crois que la prochaine n'est pas pour tout de suite). L'histoire est intéressante, ce qui est un bon point, mais ne fait pas tout
     Mélanie et Antoine Rey sont frère et soeur. Afin de fêter dignement les 40 ans de sa soeur, Antoine l'emmène sur l'île de Noirmoutier, lieu des vacances de leur enfance, du moins jusqu'au décès de leur mère, Clarisse. Sur le chemin du retour, alors qu'elle est au volant, Mélanie veut faire une révélation à son frère. Mais, à ce moment précis, la voiture fait une embardée et c'est l'accident. Tout au long du récit, raconté du point de vue d'Antoine, on fait connaissance avec Antoine, son divorce récent, ses enfants sur lesquels il n'a pas grande autorité, son père, sa grand-mère, sa tante, et surtout Angèle Rouvatier, cette thanatopractrice rencontrée à Clisson lors de l'hospitalisation de Mélanie et qui va le ramener à la "vie". On entre dans cette famille bourgeoise du XVIe arrondissement où les non-dits sont omniprésents et très lourds à porter. Antoine fouille dans le passé dans sa mère et découvre des choses embarrassantes que la famille avait enfouies. 

     Histoire intéressante car psychologique, mais qui à mon sens, n'est pas poussée à son maximum. J'ai trouvé que l'auteur restait en surface des choses et que la même chose aurait pu être racontée en enlevant une centaine de pages. De plus, certes ça se lit bien, mais je n'appelle pas cela de la Littérature. Le style est plat. En fait, il n'y a pas de style. Et comme l'écriture est importante pour moi, ce roman ne m'a pas transportée. Je suis restée sur ma faim. J'ai refermé le livre en me disant : "et alors ?".  

    Bref, après ce genre de lecture, j'ai besoin de me plonger dans un bon vieux classique. C'est une valeur sûre pour moi. Je suis donc allée chercher mon ami Zola dans ma bibliothèque (je sais qu'il ne me décevra pas !).

dimanche 7 février 2016

Le plaisir de (re)découvrir la liseuse !

     J'avais commencé à lire le célèbre roman d'Agatha Christie, Dix petits nègres,  version papier : un  vieux livre abîmé de la collection Livre de poche datant de 1971, offert par les stations Elf, le tout écrit tout petit et recouvert de taches d'encre bleue. Autant dire que le plaisir de lire n'était pas franchement au rendez-vous. Mais j'ai quand même lu 94 pages sur 243 !

     Puis je me suis souvenue qu'il y a maintenant un peu plus de deux ans une liseuse m'avait été offerte. Elle n'avait que très peu servie (même pas un livre entier). A l'époque, bien trop attachée au livre papier, je n'avais pas réussi à m'emparer de l'objet. Le livre était alors cet objet sacré, presque mystique, qu'il fallait honorer !  Je devais sentir l'odeur du papier, son poids, le toucher, tourner les pages, regarder l'avancée de ma lecture en comptant le nombre de pages lues et à lire. La lecture telle que je l'avais toujours pratiquée. De plus, le prix des livres numériques n'étaient pas franchement attractifs. Seuls les classiques étaient disponibles gratuitement. Or les classiques, c'est version papier dans ma bibliothèque ! (Du moins était-ce ce que je disais à l'époque.) Voilà comment je l'ai abandonnée sans même prendre véritablement le temps de m'y intéresser vraiment.

     Mais 2016 est arrivé. Plutôt que de racheter le roman d'Agatha Christie pour 6€ version papier, je l'ai pris à 2€ version numérique. Comme je n'aime pas avoir deux fois le même livre dans ma bibliothèque, je me suis dit : "Pourquoi pas. C'est l'occasion de réessayer." Et j'ai bien fait ! 

     Cela m'a permis de désacraliser l'acte de lire. Toute la pression que je me mettais jusque-là (pourquoi se mettre la pression à lire ? Franchement. La lecture doit rester un plaisir. Oui, mais voilà, on ne se refait pas. Une petite thérapie de ce côté-là ne serait pas un mal.), bref, toute la pression que je me mettais jusque là : pfff... envolée...disparue ! 

      Tout à coup, ne plus pouvoir compter les pages, calculer le nombre d'heures de lecture restantes, ne plus subir le poids et la police du livre : un vrai bonheur ! En fait, paradoxalement, le fait de ne pas lire un "livre" m'a permis de retrouver le plaisir de la fiction. Un peu comme un enfant qui découvre le plaisir de la lecture. Depuis, je ne la quitte plus. J'ai téléchargé plusieurs romans, dont des classiques ! Après tout, leur nombre imposant de pages est sûrement moins impressionnant sur une liseuse. Ne l'allumer que pour 5 minutes n'est pas un problème. Or jamais je ne faisais ça avec un livre papier. Lire 5 minutes était "inutile". Je ne lisais que lorsque je savais que j'allais avoir le temps de bien me plonger dans l'histoire. Et bien sûr,  je ne pouvais pas m'arrêter à un autre moment qu'à la fin d'un chapitre. Avec la liseuse, c'est différent. Pourquoi ? Je ne saurai dire.

     Ce qui compte, c'est que grâce à cet objet moderne, j'ai retrouvé le plaisir enfantin de la lecture. Et ça c'est un vrai bonheur ! Merci Kobo !

jeudi 4 février 2016

to blog or not to blog ?

     De nombreuses réflexions en ce moment portant sur mon rapport à la lecture, mais aussi sur l'utilité de ce blog. Suite à une conversation (qui n'était d'ailleurs pas nouvelle) avec mon conjoint, je me suis demandée si j'allais continuer à alimenter ce blog. J'étais même décidée à récupérer les quelques articles sur les livres lus, les imprimer, les coller dans mes anciens carnets de lecture (qui ne sont d'ailleurs pas tous achevés) et fermer cet espace.Pourquoi ? Je ne sais pas en réalité. Peut-être pour plus d'intimité et aussi parce que depuis quelques mois, je ne suis plus très assidue (mais l'ai-je déjà été ?). Parce qu'aussi j'ai cette fâcheuse tendance à me comparer aux autres et ainsi à alimenter mon tenace complexe d'infériorité lorsque je me balade sur les autres blogs. Parce qu'aussi, même si j'ai un peu évolué à ce sujet, je reste très méfiante vis-à-vis d'internet.

     Finalement, après quelques jours de réflexion, le blog continuera sa petite vie tranquille, mais avec peut-être quelques nouveautés. Peut-être que la solution est là. Depuis quelques mois, je me dis qu'une section poésie serait la bienvenue et me permettrait de renouer avec ce genre que j'ai toujours délaissé (même pendant mes études). Peut-être aussi, qu'y insérer des articles sur mes autres activités comme la cuisine ou le tricot entre autres serait une bonne chose. Que d'y parler de tout et de rien, au gré de mes envies, sans attendre d'avoir un livre à chroniquer (et m'y sentir obligée !), rendrait ce blog plus "vivant".

     Et vous, avez-vous déjà eu envie de fermer votre blog ? Qu'avez-vous fait pour retrouver l'envie de l'alimenter ?


jeudi 28 janvier 2016

La lecture et moi (1)

     Au fil des blogs visités, j'ai pu lire divers tags parlant des pratiques de lecture de chacun. J'aime assez lire ce que les blogueurs écrivent concernant leur relation à la lecture. A vrai dire, la mienne de relation avec la lecture est assez compliquée, complexe. Je suis en pleine période d'introspection à ce sujet. Je m'interroge. Est-ce que j'aime vraiment lire ? Qu'est que ça m'apporte ? 
    J'ai toujours lu, depuis aussi longtemps que je me souvienne. Une période de creux vers 15-18 ans (mais jamais sans romans non plus). Un réel plaisir au lycée, lors des premières rencontres avec Racine, Balzac, Molière, Rousseau, Chateaubriand, Aragon et Giraudoux. Puis des études de lettres qui m'ont véritablement enchantée. Une évidence : la littérature faisait partie de moi. Mais toujours de plus en plus lectures imposées (et ça, je n'aime pas qu'on m'impose des choses !), et peu de place pour mes goûts personnels. Des études qui m'ont fait devenir "snob", dédaigneuse envers tout ce qui n'était pas classique. Puis, le CAPES de lettres ou la mort lente et programmée du plaisir de lire. 
   Aujourd'hui adulte, enseignante depuis bientôt 10 ans, je place la lecture au centre de mes préoccupations pédagogiques. Mais je m'interroge sur mon propre parcours de lectrice. J'ai donc décidé de reprendre à mon compte quelques questions glanées çà et là afin de poursuivre mon introspection.





1) Plutôt corne ou marque-page ? 

Ça dépend. Les deux en fait. Si je trouve un marque page (ou si je prends le temps tout simplement de prendre un mini post-it sur mon bureau), ce sera marque-page, sinon je corne sans scrupule les pages des livres qui m'appartiennent. D'ailleurs, la présence d'un marque-page ne m'empêche pas de le faire. Je corne les pages où se trouvent une citation intéressante, un passage marquant... Là-dessus, j'ai réussi à totalement désacraliser l'objet livre. J'écris même à l'intérieur (et je surligne au fluo les passages importants quand je les étudie)... J'entends déjà certains crier...

2) As-tu déjà reçu un livre en cadeau ? 

Plusieurs fois, et ce depuis toute petite. A chaque Noël, le Père Noël m'en apportait et continue de le faire (ma mère étant un substitut du Père Noël).


3) Lis-tu dans ton bain ? 

En fait, je prends très très rarement de bain. Mais, effectivement, quand c'est le cas, un livre est toujours à portée de mains.


4) As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Pas du tout. Jamais. Même petite, je n'ai pas souvenir d'avoir évoqué cette idée. Peut-être parce que pour moi, les écrivains sont comme des "dieux". Jamais je ne me suis dit que je pouvais être l'une des leurs. Je m'en sens bien incapable. Et d'ailleurs, je n'en ai pas envie. Je ne saurais pas comment m'y prendre. J'ai beau lire beaucoup, je n'ai pas l'impression d'avoir énormément d'imagination. Ou alors je bloque moi-même cette imagination. Allez savoir...


5) Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ? 
Je ne suis pas fan et ne l'ai jamais été. Je ne supporte pas les histoires qui s'étirent en longueur. Je n'ai de toute façon jamais véritablement lu de sagas. J'avais commencé ado La Bicyclette bleue, mais je me suis arrêtée au 3e tome. Harry Potter n'est pas vraiment de ma génération. J'étais déjà à l'université lorsque ce livre a commencé à faire parler de lui. J'ai donc lu très tardivement quelques livres, mais pas tous, seulement les deux derniers et le premier.
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6) As-tu un livre culte ?
Non. Pas de livre particulier. Il y a des livres qui m'ont marquée et qui correspondent à une période de ma vie, mais pas de livre culte.


7) Aimes-tu relire ?
C'est une pratique toute récente pour moi. Longtemps je n'ai pas relu les  romans que j'avais aimés, tout simplement parce que je considérais cela comme une perte de temps : il y a tellement de livres qui ne demandent qu'à être découverts, pourquoi perdre du temps à en relire un ? Et puis, l'année dernière, j'ai voulu "relire". Il me restait de très bons souvenirs de lecture, mais je ne me souvenais plus vraiment de l'histoire. Il s'agissait de romans classiques lus entre 18 et 20 ans : Mme Bovary et Le Rouge et le Noir. Depuis, de temps en temps, je relis des livres lus pendant mon adolescence. Un retour sur soi peut-être.
 
 
 
   Voilà pour cette mini introspection. Je vais m'arrêter là pour le moment. De nombreuses questions sont gardées pour une prochaine fois.

mercredi 27 janvier 2016

Blog, J.Ph. Blondel (2010)


     Un ado de 15 ans, élève en 2nde, tient un blog depuis qu'il est en 5e. Ce blog, c'est en quelque sorte son journal intime. Il y raconte sa vie d'adolescent. 
     Un jour, il découvre que son père lit son blog. Il se sent trahi, et ne supporte pas cette intrusion dans sa vie privée. Chose paradoxale puisque, par définition, un blog est  d'accès public (mais chose dont les ados n'ont que très rarement conscience). Il décide alors de ne plus jamais adresser la parole à son père tout le temps qu'il vivra dans la maison familiale. 
     Pour se racheter, le père lui fait cadeau d'un carton poussiéreux, tout droit sorti du grenier. Ce carton, c'est la boîte de Pandore. A l'intérieur se trouve toute l'adolescence de Philippe, le père du narrateur. Des photos, des bulletins scolaires, mais surtout quatre journaux intimes écrits entre 1979 et 1982. A la lecture de ces carnets, le narrateur va découvrir une autre image de son père, et surtout un terrible secret de famille.

     Ce court roman est un très bon récit pour la jeunesse. Je pense sincèrement que si je l'avais eu entre les mains lorsque j'étais ado, je l'aurais dévoré. Cette relation conflictuelle entre le père et le fils est très bien racontée. La haine ressentie par le narrateur lorsqu'il découvre que son père le lit est bien décrite. Et puis, bien évidemment, le premier amour naissant. Tout y est. De quoi passer un excellent moment de lecture si l'on a soi-même quinze ans.

"   Je sais. Il y a des mômes qui subissent des trucs horribles, et comparée à leur souffrance, ma révolte peut paraître futile. Voire carrément stupide. Parce que non, il ne m'a pas frappé. Il ne m'a pas violé. Il ne m'a pas foutu la honte devant mes amis. Il n'a pas tenté de draguer ma copine – je n'en ai pas pour l'instant, ça règle le problème. Il n'a pas non plus trompé ma mère ni incendié la maison. Rien de tout ça, et un peu de tout ça quand même, mine de rien. Surtout le viol. Sauf que cest un viol virtuel.
     Il a lu mon blog.
   Je ne l'ai jamais autorisé à le lire, bien sûr. Je ne lui en ai même jamais parlé. Ni mentionné son existence. Dans un pavillon étriqué comme le nôtre, personne n'a réellement d'intimité. Tout se sait, tout s'entend – même quand les parents se donnent du plaisir en faisant leur possible pour ne laisser échapper aucun cri ni aucun râle. Alors, le blog, c'était mon espace privé. Mon domaine. Et il a tout salopé. Je trouve ça dégueulasse. Ma révolte, je la revendique. Parce qu'il ne s'est pas retrouvé sur mon blog par hasard. Et qu'il ne s'y est pas rendu qu'une fois. Il l'a suivi, pisté, décortiqué. Quand je suis en face de lui, maintenant, j'ai l'impression de me promener nu en pleine ville. Et ça me donne envie de gerber."
 
Blog, Jean-Philippe Blondel
Acte Sud Junior, 2010, 107.p  

samedi 9 janvier 2016

De 2015 à2016...

     2015 est bel et bien fini. L'heure du bilan a sonné. L'année n'a, de nouveau, pas été très fournie en termes de lecture, mais je reste tout de même satisfaite. J'ai réussi à remettre le nez dans les classiques, genre que j'affectionne particulièrement, mais qui demande, selon moi, bien plus d'effort et d'investissement qu'un simple livre de jeunesse ou contemporain. J'ai relu Mme Bovary et Le Rouge et le Noir (deux pavés qui m'auront pris du temps) et surtout j'ai découvert Le Comte de Monte Cristo, qui m'aura pris encore plus de temps, mais quel bonheur !
     Du mieux aussi en termes d'abandon : un seul roman inachevé ! 
    Au total, 8318 pages lues. Certes, je n'aurais pas lu tout ce que je voulais et pas autant. Les problèmes de santé jouant sur le moral, cela n'aide pas à avoir envie de lire. J'espère que tout cela est maintenant définitivement derrière moi et que 2016 sera une année plus positive et annonciatrice de bonnes nouvelles (à l'opposé de 2014 et 2015, quoi).

Que sera 2016 ?

Je ne peux répondre à cette question pour le moment. J'ai décidé de vivre et de lire au jour le jour, sans prise de tête, sans obligation (autre que professionnelle, c'est déjà de trop d'ailleurs) et donc sans défi particulier. Je lirai au gré de mes envies, sans PAL, sans LAL. Rien que pour le plaisir. Mais toujours en essayant de privilégier les classiques.


Bilan livresque de 2015 :

JANVIER1- Frangine, M.Brunet (262p)
2- Le jour où on a retrouvé le soldat Botillon, H.Giraud (132p)
3- Bacha posh, C.Erlih (192p)
4- La Décision, I.Pandazopoulos (246 p)
5- Nantas, Zola (40 p)
Soit un total de 872 pages.

FEVRIER
6- Le Chien des Baskerville, Conan Doyle (265p)
7- Arlington Park, R.Cusk (291p)
Soit un total de 556 pages.

MARS
8- Madame Bovary, G.Flaubert (450p)
9- Et rester vivant, J.Ph Blondel (100p) lecture abandonnée. Je n'ai pas accroché au style.
Soit un total de 550 pages.

AVRIL
10- Le premier été, Anne Percin (163p)
11- Vipère au poing, Hervé Bazin (230p)
12- Les Débutantes, Sullivan (543p)
Soit un total de 936 pages.

MAI
13- Nos étoiles contraires, J.Green (330p)
14- Comme un roman, D.Pennac (198p)
Soit un total de 528 pages.

JUIN
15- Le Rouge et le Noir, Stendhal (la 1ère partie+le début de la 2nde)
Soit un total de 320 pages.JUILLET
15 (bis) - Le Rouge et le Noir, Stendhal (suite soit 245p)
16- Le Soleil des Scorta, L.Gaudé (249p)
17- Harry Potter à l'école des sorciers (232p)
18- L'enfant de Noé, E-E.Schmitt (112p)
19- Ensemble, c'est tout, A.Gavalda (573p)
Soit un total de 1411 pages.
AOÛT
20- Le Comte de Monte-Cristo (tome 1), A.Dumas (760p)
Soit un total de 760 pages.

SEPTEMBRE
20 bis - Le Comte de Monte-Cristo (tome 2), A.Dumas (787 p)
Soit un total de 787 pages.

OCTOBRE
21- No et moi, D.de Vigan (240p)

NOVEMBRE
22- Après la vague, O.Charpentier (155p.)
23- La vérité sur l'affaire Harry Québert, J.Dicker (665p.)
Soit un total de 820 pages.

DECEMBRE
24- Prof jusqu'au bout des ongles, J.van Rechem (225p)
25- Les autodafeurs : Mon frère est un gardien (tome 1), Marine Carteron (313 p).

dimanche 3 janvier 2016

Dans la hotte du Père Noël...

Cette année encore, le père Noël m'a bien gâtée. Quelques lectures qui semblent bien agréables. J'ai hâte de pouvoir les commencer !





De quoi bien démarrer cette nouvelle année !