mercredi 5 août 2015

Ensemble, c'est tout, A.Gavalda (2004)

Quatrième de couverture :

     «Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences...» Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre-là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour - appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever. 



Mon avis :

     Voici un roman que j'ai lu, une fois n'est pas coutume, après avoir vu le film. En fait, j'en ai beaucoup entendu parler au moment de sa parution par mes proches. Mais comme à chaque fois qu'on me vante trop les qualités d'un livre, je m'en détourne. Je disais que je le lirai lorsque j'aurai le temps. Ce qui fait que comme toujours, ça a traîné, et le film est sorti. Bien évidemment, je l'ai regardé et . . . adoré ! Je ne voyais donc plus vraiment l'intérêt de lire le roman, sachant que j'en avais pleins d'autres à découvrir. Et avec le recul, je me dis que j'ai bien fait. Parce que là encore, j'ai lu le roman après avoir été très longtemps sans voir le film (plusieurs années). Mon souvenir était donc ancien, et malgré cela, les images du film se sont imposées. Les personnages bien sûr,  incarnés par Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker et Françoise Bertin. Mais aussi de nombreuses scènes ainsi que les lieux, notamment l'appartement de Philibert. Si cela a quelque peu gêné ma lecture lors des premières pages, j'ai fini par m'y faire et peu à peu les visages des acteurs se sont effacés. Et j'ai passé un excellent moment de lecture ! 
      Il y avait bien longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Je pouvais me plonger dans le roman pour quelques minutes seulement et être tout de suite immergée dans cet univers. Je reprenais à chaque fois le roman avec beaucoup de plaisir. Certes, cela aurait pu l'être encore davantage si ma lecture n'avait pas été entrecoupée par des pauses liées aux contraintes de la vie quotidienne et réelle ! Au total, j'ai mis deux semaines à le lire alors qu'en réalité je n'ai lu que quatre ou cinq jours.
      Toutefois, ce roman n'est pas non plus un coup de coeur, la première raison étant que l'histoire n'était pas une découverte. Il n'y avait aucune surprise, revoyant le film dans ma tête. Mais aussi et surtout parce que si l'histoire est vraiment bien et les personnages attachants, on ne peut pas dire que le style d'écriture soit de la grande littérature. L'écriture est très oralisée, du fait des nombreux dialogues entre autre. C'est d'ailleurs ce qui a permis à Claude Berry d'adapter très fidèlement le roman au cinéma. Mais, déformation professionnelle oblige, les qualités littéraires d'un roman ont une très grande importance pour moi. Il faut que j'adhère à l'histoire, mais aussi au style d'écriture.

     Pour conclure, j'ai passé un merveilleux moment en compagnie des personnages et cela faisait très longtemps que je n'avais pas été transportée à ce point par une histoire. Mais l'écriture trop oralisée, pas assez littéraire à mon goût, enlève un peu de plaisir.

Quelques passages :

"[ . . . ]Mais tu vois, si être intello ça veut dire aimer s'instruire, être curieux, attentif, admirer, s'émouvoir, essayer de comprendre comment tout ça tient debout et tenter de se coucher un peu moins con que la veille, alors oui, je le revendique totalement : non seulement je suis une intello, mais en plus je suis fière de l'être. . .Vachement fière, même . . . [ . . . ]" (p.260)

" Mieux qu'une vraie [famille] d'ailleurs, une choisie, une voulue, une pour laquelle ils s'étaient battus et qui ne leur demandait rien d'autre en échange que d'âtre heureux ensemble. Même pas heureux d'ailleurs, ils n'étaient plus si exigeants. D'être ensemble, c'est tout. Et déjà c'était inespéré." (p390)

Ensemble, c'est tout, Anna Gavalda (2004)
Ed. J'ai lu. (573 pages)