jeudi 16 juillet 2015

le Rouge et le Noir, Stendhal (1830)

    Un classique qui s'est éternisé, et dont je ne suis pas mécontente d'être venue à bout ! Commencée dans les derniers jours du mois de mai puis arrêtée, par manque de temps, les trois quart du mois de juin, voici la lecture achevée. 
     En réalité, il s'agit d'une relecture, ayant déjà lu ce classique il y a presque quinze ans. J'avais envie de me replonger dans cette histoire, gardant de bons souvenirs des moments passés en compagnie de Julien Sorel. 



 L'histoire :

    Tout commence en 1830, dans le Doubs en région Franche-Comté, dans la petite ville de Verrières. M. de Rênal, maire de la ville, veut en mettre plein la vue à ses semblables, notamment M.Vallenod. Il recherche donc un précepteur pour ses deux fils : Adolphe et Stanilas-Xavier. C'est ainsi que le jeune Julien Sorel, fils de charpentier, et se destinant à l'église, se retrouve dans la somptueuse maison de monsieur le maire. Bien évidemment, sa jeune et jolie femme, quoique de dix ans l'aînée du jeune homme, ne peut résister à son charme. Une histoire d'amour naît. Elle prend fin lorsque les rumeurs de la ville auront raison des deux amants. Julien part alors pour le séminaire à Besançon où la vie se révélera, au départ, difficile pour ce jeune ambitieux. C'est ici que s'achève la première partie. 

     Dans la deuxième partie, Julien est à Paris, à l'hôtel de La Môle. Le marquis avait besoin d'un jeune homme talentueux en guise de secrétaire. Là, Julien est plus que jamais révolté contre cette caste aristocratique qui le traite en domestique. Puis, il découvre avec plus d'attention la jeune fille de la maison, sur qui tous les regards se tournent : la belle Mathilde de la Môle. A nouveau, une histoire d'amour va naître. Julien y entrevoit la possibilité d'une ascension sociale.


Mon avis :

    C'est marrant de voir comment, quinze plus tard, les goûts changent ! Il faut dire aussi qu'il y a quinze ans, j'avais à peu près l'âge de Julien et de Mathilde de la Môle. Actuellement, mon âge est bien plus proche de celui de Mme de Rênal. C'est drôle de voir combien, à l'époque, l'histoire entre Mathilde et Julien m'avait transportée, et maintenant, combien cette histoire m'a énervée ! Combien à l'époque je trouvais son histoire avec Mme de Rênal sans "intérêt", combien maintenant elle me paraît bien plus romantique et passionnée.
   
     Si au départ, le caractère ambitieux de Julien est intéressant à étudier, je dois dire que lorsque ce trait de caractère intervient en amour, ça m'a un peu gênée, même si je ne suis pas dupe et que je sais très bien qu'à cette époque la femme était un moyen d'ascension sociale. Mais lorsqu'il souhaite séduire Mme de Rênal et qu'il réfléchit aux moyens d'y parvenir, qu'il élabore une tactique militaire en pensant à Napoléon, là je dois dire que j'ai moyennement apprécié. Il n'y a  pas de sentiments , juste le plaisir de parvenir à ses ambitions. D'ailleurs pendant plusieurs pages (assez nombreuses j'ai trouvé), ce manque d'amour de la part de Julien est présent. Quand la pauvre Mme de Rênal est déjà folle amoureuse, lui en est toujours à cette idée  trophée obtenu. 
     Toutefois, ce côté ambiteux dans l'amour n'est rien comparé à la façon dont il est exploité dans la deuxième partie. Mathilde est insupportable. C'est une petite peste, capricieuse , mijaurée, qui ne sait pas ce qu'elle veut. Immature (mais comment peut-elle ne pas l'être à son âge ?). Elle ne connaît l'amour qu'à travers des histoires romantiques dignes de contes de fées ou de Roméo et Juliette. Seulement, la vie ce n'est pas cela. Combien de fois j'ai eu envie de la secouer pour le lui expliquer ! Ce culte voué à ses ancêtres et à leur romantisme en est même ridicule. Cette histoire de Boniface de la Môle dont Marguerite de Navarre aurait gardé la tête sur ses genoux une fois décapité ! Certes, c'est beau, c'est d'ailleurs ce que j'ai dû trouvé quand j'étais jeune parce que j'adorais le personnage de Mathilde, mais Mathilde reste trop prisonnière des apparences (mais comment pourrait-elle faire autrement quand elle est issue de la noblesse ?) et croit qu'avec l'argent on peut tout avoir.

    Si j'ai bien aimé le début, c'est-à-dire toute la première partie, soit l'histoire d'amour entre Mme de Rênal et Julien, la deuxième partie m'a ennuyée. Cela dit, le fait que cette lecture ait traîné en longueur y est sûrement pour quelque chose. J'ai repris plaisir à cette histoire seulement dans les soixante dernières pages, c'est-à-dire quand il commence véritablement à y avoir de l'action, quand le personnage de Mme de Rênal est de retour.

Pour conclure, je suis contente d'avoir relu ce classique, même si je n'ai pas retrouvé le plaisir de lecture initial. Les personnages m'ont quelque peu ennuyée, exaspérée. En fait, je crois que je suis à une période de ma vie où les grandes histoires d'amour bien romantiques à souhait (parce que c'est le cas ici, même si mon billet ne donne pas cette impression) m'ennuient. La vie est autre. Ni meilleure, ni pire. Autre. 
   De plus, l'écriture de Stendhal ne m'a pas emportée. Par moments, certaines phrases étaient même obscures. Autant, j'ai beaucoup de plaisir avec d'autres auteurs classiques (Flaubert, Maupassant, Zola pour ne citer qu'eux), autant par moments je trouve que Stendhal écrit mal (c'est un peu prétentieux d'écrire cela, j'en conviens). Enfin, un dernier aspect du roman dont je n'ai pas parlé : ce roman montre bien que de tout temps l'apparence est ce qui compte le plus dans la société, que l'homme est avide d'ambition, et que les hommes d'église n'échappent pas à cela. J'y vois comme une critique de la religion. Non pas de Dieu en tant que tel, mais de ce que les hommes en ont fait.

Citation :
"Eh, Monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Et l'homme qui porte le miroir dans sa hotte sera par vous accusé d'être immoral ! Son miroir montre la fange, et vous accusez le miroir ! Accusez bien plutôt le grand chemin où est le bourbier, et plus encore l'inspecteur des routes qui laisse l'eau croupir et le bourbier se former." (p.406)

Le Rouge et le Noir, Stendhal (1830)
Ed. Pocket 1990 (550p)

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