dimanche 1 février 2015

Nantas, Zola (1878)

     Au début du mois de janvier, pour me motiver à lire des oeuvres de littérature classique et non plus rester au stade des envies, je me suis inscrite au challenge "Un classique par mois" organisé par Stephie . Seulement, voilà, le mois de janvier est passé à une vitesse folle. J'ai privilégié les lectures pour le boulot, et le 31 janvier est arrivé sans qu'aucune oeuvre classique n'ait été lue. Je me suis donc précipitée vers ma PAL, choisi une oeuvre courte et trouvé une nouvelle de Zola. Alors, je sais bien que lire une nouvelle, dans le cadre du challenge, n'est pas considéré de la même façon que lire un roman ou une pièce de théâtre. Mais tant pis. Personnellement, j'ai lu un classique en janvier, j'ai réussi à relever le challenge pour ce premier mois de l'année, et c'est tout ce qui m'importe. La satisfaction personnelle d'avoir relevé le défi est le but premier. Je ferai mieux en février : j'aurais plus de temps !

   On connaît Zola pour sa fresque concernant les Rougon-Macquard, mais très peu pour ses nouvelles. J'ai lu quelques-uns de ses romans (La Fortune des Rougon, l'Assomoir, L'Oeuvre, Thérèse Raquin) et à chaque fois le même plaisir littéraire. Je me suis donc plongée très facilement, et avec toujours le même plaisir, dans cette petite nouvelle qu'est Nantas.

    Nantas est le personnage principal. C'est un jeune marseillais, fils de maçon,  dont la mère nourrissait l'ambition de faire de lui un Monsieur. Le jeune homme, fier et prétentieux, croit en lui et à sa future fortune. Sa devise : "Je suis un force". "Selon lui, il suffisait de vouloir et de pouvoir. Le reste n'avait pas d'importance." A la mort de ses parents, Nantas quitte Marseille pour Paris afin de chercher la fortune et le pouvoir. Seulement, ceux-ci tardent à se manifester. 
    Un soir, à la fenêtre de sa mansarde, désespéré, révolté,  le jeune homme regarde Paris, et projette de se suicider en se fracassant le crâne contre les pavés. Mais, alors qu'il allait passer à l'acte, la providence fait entrer dans sa chambre une femme qui lui promet la fortune tant rêvée.

   Une nouvelle très agréable à lire ayant pour sujet un thème récurrent au XIXe siècle : l'ascension sociale d'un jeune provincial rendue possible grâce à une femme. 
   Un court récit orchestré à la manière d'une pièce de théâtre en trois actes : l'exposition, l'ascension sociale et le dénouement. Les personnages appartiennent eux aussi au théâtre. La gouvernante, Melle Chuin, joue le rôle de confidente puis d'entremetteuse auprès de sa maîtresse, Melle Flavie : une scène classique au théâtre. Plus tard, cette même gouvernante tendra un piège à sa maîtresse dans le but tirer parti et du mari et de l'amant : on entre dans le vaudeville. 
   Mais si ce court récit est construit à la manière d'une pièce de théâtre, il n'a rien à envier au roman. En effet, l'intrigue s'étend sur plusieurs années. Entre ce que j'appelle l'exposition et l'ascension sociale, dix années de la vie de Nantas se sont écoulées. Puis, entre l'ascension sociale et le dénouement, dix-huit mois viennent de passer. On suit donc l'impressionnante réussite sociale du personnage sur presque douze années.  
   Réussite sociale donc. Mais cette réussite est-elle synonyme de bonheur ? Nantas, désespéré à la fin du premier chapitre, sera-t-il heureux ? C'est sur cette question du bonheur et des moyens pour y accéder que la nouvelle interroge le lecteur. Celui-ci aura d'ailleurs le sentiment de lire une histoire se déroulant au XXIè siècle et non au XIXe. Les choses n'ont effectivement pas l'air d'avoir beaucoup évolué : l'apparence et la réussite sociale prévalent à l'époque de Zola comme à la nôtre. Une nouvelle qui n'a donc pas pris une ride. 

Nantas, Emile Zola (1878)
coll. Carrés classiques chez Nathan (40 p.)



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