samedi 21 février 2015

Le Chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle (1901)

    Une lecture qui a traîné en longueur ! Presque trois semaines pour ce  petit roman ! Non qu'il était inintéressant (au contraire, j'ai beaucoup aimé), mais le côté obligatoire d'une lecture m'a toujours posé problème ! J'ai toujours eu un souci avec les contraintes en terme de lecture, le côté rebelle qui dort en moi se réveille toujours, et dès qu'il s'agit de lectures professionnelles, le problème réapparaît ! Mais je suis venue à bout de Sherlock, pour mon plus grand plaisir !



   Un classique de la littérature policière ! Le célèbre et non moins talentueux détective londonien, Sherlock Holmes, génie en déductions, et son acolyte, John Watson sont confrontés à une enquête peu banale.
 
    Le roman s'ouvre sur un dialogue entre Sherlock et Watson afin de déterminer à qui appartient l'objet oublié dans leur appartement : une canne. Oui, ceux qui aiment les romans policiers s'ouvrant sur un crime risquent d'être déçus, le crime n'apparaissant qu'au chapitre suivant. D'ailleurs, cet objet n'a que peu d'intérêt car il appartient à un personnage secondaire de l'histoire, personnage qui disparaîtra rapidement pour ne réapparaître qu'occasionnellement. Cette ouverture romanesque sur un objet anodin permet seulement d'initier le lecteur à la méthode de Sherlock : il observe et trouve des indices à partir desquels il faits des déductions. A la rigueur, la lecture de ce premier chapitre n'est pas utile à la compréhension de l'intrigue. On peut commencer directement par le deuxième chapitre pour entrer dans le vif du sujet. Chapitre deux qui commence avec l'entrée du propriétaire de la dite canne, le docteur Mortimer.
    Celui-ci est originaire du Devonshire et se trouve à Londres pour accueillir sir Henry Baskerville arrivant du Canada. Avant l'arrivée de ce dernier, il fait un détour chez nos deux héros dans le but de leur faire part d'une mort étrange : celle de sir Charles Baskerville. Les médecins ont déclaré la mort par arrêt cardiaque. Mais le docteur Mortimer n'est pas convaincu. Peu de temps avant de mourir, sir Charles l'avait mis au courant de la malédiction qui planait sur sa famille depuis 1742 : un chien de l'Enfer apparaîtrait dès que la mort de l'un de ses membres a sonné. Or, le docteur Mortimer a observé des pas de chien gigantesque aux abords du cadavre de son ami. Mais Sherlock est un homme qui ne croit nullement à "ces contes de bonne femme". Pour lui, il n'y a aucune intervention du surnaturel dans cette mort. Et il est bien décidé à le prouver... à l'insu de tous !

   Une enquête fascinante qui place Sherlock dans l'ombre donnant ainsi à Watson le soin de mener l'enquête seul. En effet, à cause d'affaires non résolues, Holmes déclare ne pouvoir se rendre dans la Lande du Devonshire et demande à son acolyte de s'y rendre seul afin de surveiller le baronnet, sir Henry Baskerville, qui pourrait très probablement être la prochaine victime.

  Watson découvre ainsi cet endroit aux allures quelque peu maléfiques : " Au-delà des quadrilatères verts des champs et de la basse courbure d'une forêt, se dressait à distance une colline grise, mélancolique, dont le sommet était étrangement déchiqueté ; vue de si loin, sa forme se dessinait mal ; elle ressemblait au décor fantastique d'un rêve." (p.87). Une fois arrivés au manoir, cette impression ne s'estompe pas. Toute la description du lieu est faite pour conforter le lecteur dans l'idée que cette mort a bien un rapport avec un événement surnaturel : "Baskerville frémit en considérant la longue allée obscure au bout de laquelle, comme un fantôme, surgit le manoir." (p.91). Watson lui-même n'est pas moins impressionné : "[...] ; de nombreuses bougies  m'aidèrent à chasser la sinistre impression que notre arrivée avait ancrée dans mon esprit." (p.96).

   De plus, dans cette lande peu engageante se cache un personnage peu recommandable. Dès leur arrivée, Watson et ses amis apprennent l'évasion du terrible assassin de Notting Hill, Selden. Ce dernier a trouvé refuge quelque part dans la lande. Les voisins ne sont pas très rassurés. Parmi ceux-ci, M.Frankland, mais aussi le naturaliste Stapleton et sa charmante soeur. Un couple de personnes sympathiques qui accueille chaleureusement sir Henry Baskerville et le docteur Watson. 
 
     Enfin, comme si l'atmosphère n'était pas suffisamment oppressante, une dernière chose fait frémir Watson et les habitants. Un cri étrange retentit par moments dans la Lande : "Comme pour répondre à sa phrase, de la sinistre nuit de la lande s'éleva soudain ce cri étrange que j'avais entendu aux abords du grand bourbier de Grimpen. Le vent le porta à travers le silence nocturne : ce fut d'abord un murmure long, grave ; puis un hurlement qui prit de l'ampleur avant de retomber dans le gémissement maussade où il s'éteignit. A nouveau il retentit, et tout l'air résonna de ses pulsations : strident, sauvage, menaçant." (p.151). Les paysans disent qu'il s'agit du cri du chien des Baskerville ! Alors ? Chien réel ou bête démoniaque ?

  
    Pour conclure, cette lecture fut un agréable moment de frissonnant plaisir en compagnie de Watson et de Holmes. Mon seul regret est de l'avoir morcelée, ce qui ne m'a pas permis d'apprécier le roman à sa juste valeur. Mais je le relirai, c'est sûr ! Un roman policier qui frôle avec le genre du fantastique ne peut que susciter un bon moment de lecture !


A. Conan Doyle, Le Chien des Baskerville (1901)
Ed. Folio junior (265 pages)


Ça se passe chez Stephie

1 commentaire:

  1. J'avais beaucoup aimé à la première lecture, mais la deuxième m'a moins captivé. Il y a quand même pas mal de longueurs, alors que le récit est assez court. Bref, cette relecture m'a un peu déçu, même si dans l'ensemble, cela reste agréable à lire.

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