lundi 23 février 2015

1 an déjà... Qui l'eut cru ?

   Que le temps passe vite ! Un an déjà que ce blog existe. Qui l'eut cru ? Certainement pas moi. 
   Après moult tentatives, toutes avortées, finalement, ce blog-ci aura perduré. Certes, l'idée de le fermer m'a traversé l'esprit, disons les premiers mois. D'une part, parce que je ne chroniquais pas chacune de mes lectures, par manque d'envie ; d'autre part, parce que je me sentais un peu isolée sur la blogosphère, isolement volontaire, je précise. Puis je me suis retrouvée en arrêt maladie de presque deux mois. La lecture m'est redevenue vitale. Je me suis retrouvée à fréquenter de nouveau la blogosphère, et surtout j'ai découvert Livraddict. Depuis, plus question de me séparer de mon modeste blog.

   Modeste blog, tout petit même au regard des géants qui existent, mais dont je suis quand même fière. A l'heure actuelle, c'est 31 articles, 1054 vues, et 33 commentaires.  

  Merci à vous, car sans votre passage, pas sûre que la motivation serait la même, et par conséquent, pas sûre que ce blog aurait perduré. Parce que, faut pas se leurrer, même si le fait de créer un blog est avant tout une aventure personnelle, qu'à la base je chronique pour moi, pour me souvenir de mes lectures, il n'empêche que sans vous, ce ne serait pas pareil

   Pour le moment, il est vrai que je n'ai pas encore véritablement apprivoisé la bête. L'objet Blog reste encore un grand mystère pur moi. Je n'ai pas encore saisi toutes les subtilités et les possibilités qu'offre la plate-forme. Quand je vois les nombreux blogs qui existent, leurs différents aspects, je suis admirative. J'aimerais arriver à ça. Le mien n'en est encore qu'à ses premiers pas dans la blogosphère. Mais je ne désespère pas. Suffit juste de prendre le temps d'étudier tout ça !

   En attendant, j'espère que cette deuxième année sera riche en lectures et en articles. Et surtout, j'espère que l'année prochaine, à la même date, j'écrirais un article pour le deuxième anniversaire du blog !


samedi 21 février 2015

Le Chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle (1901)

    Une lecture qui a traîné en longueur ! Presque trois semaines pour ce  petit roman ! Non qu'il était inintéressant (au contraire, j'ai beaucoup aimé), mais le côté obligatoire d'une lecture m'a toujours posé problème ! J'ai toujours eu un souci avec les contraintes en terme de lecture, le côté rebelle qui dort en moi se réveille toujours, et dès qu'il s'agit de lectures professionnelles, le problème réapparaît ! Mais je suis venue à bout de Sherlock, pour mon plus grand plaisir !



   Un classique de la littérature policière ! Le célèbre et non moins talentueux détective londonien, Sherlock Holmes, génie en déductions, et son acolyte, John Watson sont confrontés à une enquête peu banale.
 
    Le roman s'ouvre sur un dialogue entre Sherlock et Watson afin de déterminer à qui appartient l'objet oublié dans leur appartement : une canne. Oui, ceux qui aiment les romans policiers s'ouvrant sur un crime risquent d'être déçus, le crime n'apparaissant qu'au chapitre suivant. D'ailleurs, cet objet n'a que peu d'intérêt car il appartient à un personnage secondaire de l'histoire, personnage qui disparaîtra rapidement pour ne réapparaître qu'occasionnellement. Cette ouverture romanesque sur un objet anodin permet seulement d'initier le lecteur à la méthode de Sherlock : il observe et trouve des indices à partir desquels il faits des déductions. A la rigueur, la lecture de ce premier chapitre n'est pas utile à la compréhension de l'intrigue. On peut commencer directement par le deuxième chapitre pour entrer dans le vif du sujet. Chapitre deux qui commence avec l'entrée du propriétaire de la dite canne, le docteur Mortimer.
    Celui-ci est originaire du Devonshire et se trouve à Londres pour accueillir sir Henry Baskerville arrivant du Canada. Avant l'arrivée de ce dernier, il fait un détour chez nos deux héros dans le but de leur faire part d'une mort étrange : celle de sir Charles Baskerville. Les médecins ont déclaré la mort par arrêt cardiaque. Mais le docteur Mortimer n'est pas convaincu. Peu de temps avant de mourir, sir Charles l'avait mis au courant de la malédiction qui planait sur sa famille depuis 1742 : un chien de l'Enfer apparaîtrait dès que la mort de l'un de ses membres a sonné. Or, le docteur Mortimer a observé des pas de chien gigantesque aux abords du cadavre de son ami. Mais Sherlock est un homme qui ne croit nullement à "ces contes de bonne femme". Pour lui, il n'y a aucune intervention du surnaturel dans cette mort. Et il est bien décidé à le prouver... à l'insu de tous !

   Une enquête fascinante qui place Sherlock dans l'ombre donnant ainsi à Watson le soin de mener l'enquête seul. En effet, à cause d'affaires non résolues, Holmes déclare ne pouvoir se rendre dans la Lande du Devonshire et demande à son acolyte de s'y rendre seul afin de surveiller le baronnet, sir Henry Baskerville, qui pourrait très probablement être la prochaine victime.

  Watson découvre ainsi cet endroit aux allures quelque peu maléfiques : " Au-delà des quadrilatères verts des champs et de la basse courbure d'une forêt, se dressait à distance une colline grise, mélancolique, dont le sommet était étrangement déchiqueté ; vue de si loin, sa forme se dessinait mal ; elle ressemblait au décor fantastique d'un rêve." (p.87). Une fois arrivés au manoir, cette impression ne s'estompe pas. Toute la description du lieu est faite pour conforter le lecteur dans l'idée que cette mort a bien un rapport avec un événement surnaturel : "Baskerville frémit en considérant la longue allée obscure au bout de laquelle, comme un fantôme, surgit le manoir." (p.91). Watson lui-même n'est pas moins impressionné : "[...] ; de nombreuses bougies  m'aidèrent à chasser la sinistre impression que notre arrivée avait ancrée dans mon esprit." (p.96).

   De plus, dans cette lande peu engageante se cache un personnage peu recommandable. Dès leur arrivée, Watson et ses amis apprennent l'évasion du terrible assassin de Notting Hill, Selden. Ce dernier a trouvé refuge quelque part dans la lande. Les voisins ne sont pas très rassurés. Parmi ceux-ci, M.Frankland, mais aussi le naturaliste Stapleton et sa charmante soeur. Un couple de personnes sympathiques qui accueille chaleureusement sir Henry Baskerville et le docteur Watson. 
 
     Enfin, comme si l'atmosphère n'était pas suffisamment oppressante, une dernière chose fait frémir Watson et les habitants. Un cri étrange retentit par moments dans la Lande : "Comme pour répondre à sa phrase, de la sinistre nuit de la lande s'éleva soudain ce cri étrange que j'avais entendu aux abords du grand bourbier de Grimpen. Le vent le porta à travers le silence nocturne : ce fut d'abord un murmure long, grave ; puis un hurlement qui prit de l'ampleur avant de retomber dans le gémissement maussade où il s'éteignit. A nouveau il retentit, et tout l'air résonna de ses pulsations : strident, sauvage, menaçant." (p.151). Les paysans disent qu'il s'agit du cri du chien des Baskerville ! Alors ? Chien réel ou bête démoniaque ?

  
    Pour conclure, cette lecture fut un agréable moment de frissonnant plaisir en compagnie de Watson et de Holmes. Mon seul regret est de l'avoir morcelée, ce qui ne m'a pas permis d'apprécier le roman à sa juste valeur. Mais je le relirai, c'est sûr ! Un roman policier qui frôle avec le genre du fantastique ne peut que susciter un bon moment de lecture !


A. Conan Doyle, Le Chien des Baskerville (1901)
Ed. Folio junior (265 pages)


Ça se passe chez Stephie

mercredi 4 février 2015

Bilan livresque de janvier

   Le mois de janvier est passé, l'heure du bilan a sonné (il y a déjà quelques jours d'ailleurs ! ).

   Janvier a connu un rythme de lecture tout à fait satisfaisant.  Quatre romans et une nouvelle, soit un total de 872 pages : c'est un bon rythme me concernant. Certes, les quatre romans étaient des lectures professionnelles, mais j'ai été tellement plongée dans ces différents univers que le côté "professionnel", et par conséquent "obligatoire" (qui rime avec "rébarbatoire" chez moi : oui, le mot n'existe pas, et alors ? fallait une rime avec "obligatoire" ! ), a totalement disparu. Petit retour en arrière donc :

 
   Une super découverte. Un roman jeunesse sur la famille homoparentale narré du point de vue du fils aîné. Un roman sur le harcèlement dont peuvent être victimes les ados. Un roman qui abolit les préjugés et qui va à l'encontre des discours sur la nécessité de la famille traditionnelle pour les enfants.
   Normalement,  dans le cadre professionnel, une rencontre est prévue avec l'auteur dans quelques mois. J'en reparlerai à ce moment-là.






    Un roman jeunesse sur la guerre de 14. Sympa mais sans plus. L'alternance des deux histoires et donc des deux époques, celle de l'arrière-grand-père pendant la Grande Guerre et celle de son arrière-petit-fils en 2015 est intéressante, mais ça s'arrête là.







   Mon premier coup de coeur de l'année, même si la fin m'a un peu énervée et frustrée ! L'histoire d'une fille afghane, à Kaboul,  que sa famille déguise en garçon jusqu'à la puberté. Un roman engagé sur la condition des femmes.







   Mon deuxième coup de coeur. Une jeune fille de Terminale, sans histoire, bonne élève, accouche seule dans les toilettes du lycée. Problème : elle ignorait qu'elle était enceinte. Un roman sur le déni de grossesse. Un thème difficile abordé avec pudeur. Un roman poignant : cette jeune fille peut très bien être nous.






   Et enfin une nouvelle de Zola pour réussir le challenge "un classique par mois" organisé par Stephie . Une nouvelle résolument moderne tant les thèmes de l'apparence et de la réussite sociale sont encore prédominants à notre époque.





   Voilà pour janvier. J'ai passé d'agréables moments en compagnie de ces divers personnages. Grâce à eux j'ai voyagé à travers le temps et l'espace : j'ai visité la Bretagne (Combourg et Saint-Malo), Paris, l'Afghanistan, et j'ai vécu au Second Empire, puis la Guerre de 14-18 pour finalement revenir au XXie siècle. Des expériences très enrichissantes. 

   Maintenant place à février et à d'autres voyages spatio-temporels !
Voici ce qui est prévu au programme :



dimanche 1 février 2015

Nantas, Zola (1878)

     Au début du mois de janvier, pour me motiver à lire des oeuvres de littérature classique et non plus rester au stade des envies, je me suis inscrite au challenge "Un classique par mois" organisé par Stephie . Seulement, voilà, le mois de janvier est passé à une vitesse folle. J'ai privilégié les lectures pour le boulot, et le 31 janvier est arrivé sans qu'aucune oeuvre classique n'ait été lue. Je me suis donc précipitée vers ma PAL, choisi une oeuvre courte et trouvé une nouvelle de Zola. Alors, je sais bien que lire une nouvelle, dans le cadre du challenge, n'est pas considéré de la même façon que lire un roman ou une pièce de théâtre. Mais tant pis. Personnellement, j'ai lu un classique en janvier, j'ai réussi à relever le challenge pour ce premier mois de l'année, et c'est tout ce qui m'importe. La satisfaction personnelle d'avoir relevé le défi est le but premier. Je ferai mieux en février : j'aurais plus de temps !

   On connaît Zola pour sa fresque concernant les Rougon-Macquard, mais très peu pour ses nouvelles. J'ai lu quelques-uns de ses romans (La Fortune des Rougon, l'Assomoir, L'Oeuvre, Thérèse Raquin) et à chaque fois le même plaisir littéraire. Je me suis donc plongée très facilement, et avec toujours le même plaisir, dans cette petite nouvelle qu'est Nantas.

    Nantas est le personnage principal. C'est un jeune marseillais, fils de maçon,  dont la mère nourrissait l'ambition de faire de lui un Monsieur. Le jeune homme, fier et prétentieux, croit en lui et à sa future fortune. Sa devise : "Je suis un force". "Selon lui, il suffisait de vouloir et de pouvoir. Le reste n'avait pas d'importance." A la mort de ses parents, Nantas quitte Marseille pour Paris afin de chercher la fortune et le pouvoir. Seulement, ceux-ci tardent à se manifester. 
    Un soir, à la fenêtre de sa mansarde, désespéré, révolté,  le jeune homme regarde Paris, et projette de se suicider en se fracassant le crâne contre les pavés. Mais, alors qu'il allait passer à l'acte, la providence fait entrer dans sa chambre une femme qui lui promet la fortune tant rêvée.

   Une nouvelle très agréable à lire ayant pour sujet un thème récurrent au XIXe siècle : l'ascension sociale d'un jeune provincial rendue possible grâce à une femme. 
   Un court récit orchestré à la manière d'une pièce de théâtre en trois actes : l'exposition, l'ascension sociale et le dénouement. Les personnages appartiennent eux aussi au théâtre. La gouvernante, Melle Chuin, joue le rôle de confidente puis d'entremetteuse auprès de sa maîtresse, Melle Flavie : une scène classique au théâtre. Plus tard, cette même gouvernante tendra un piège à sa maîtresse dans le but tirer parti et du mari et de l'amant : on entre dans le vaudeville. 
   Mais si ce court récit est construit à la manière d'une pièce de théâtre, il n'a rien à envier au roman. En effet, l'intrigue s'étend sur plusieurs années. Entre ce que j'appelle l'exposition et l'ascension sociale, dix années de la vie de Nantas se sont écoulées. Puis, entre l'ascension sociale et le dénouement, dix-huit mois viennent de passer. On suit donc l'impressionnante réussite sociale du personnage sur presque douze années.  
   Réussite sociale donc. Mais cette réussite est-elle synonyme de bonheur ? Nantas, désespéré à la fin du premier chapitre, sera-t-il heureux ? C'est sur cette question du bonheur et des moyens pour y accéder que la nouvelle interroge le lecteur. Celui-ci aura d'ailleurs le sentiment de lire une histoire se déroulant au XXIè siècle et non au XIXe. Les choses n'ont effectivement pas l'air d'avoir beaucoup évolué : l'apparence et la réussite sociale prévalent à l'époque de Zola comme à la nôtre. Une nouvelle qui n'a donc pas pris une ride. 

Nantas, Emile Zola (1878)
coll. Carrés classiques chez Nathan (40 p.)