mardi 21 octobre 2014

Les Misérables, première partie "Fantine".

     UN GROS DÉFI ! Je viens de me lancer un défi, et pas n'importe lequel !  Lire intégralement Les Misérables de monsieur Victor Hugo. THE Oeuvre de la littérature française (oui, dit comme ça, ce n'est pas très joli, mais c'est l'idée) ! Mais voilà, attaquer un peu plus de 1750 pages comme ça, d'une traite, me fout un peu la trouille. Alors, objectif final (bien entendu) : avoir lu le roman avant la fin de l'année 2014. Mais cet objectif final se découpe en petits objectifs : lire une à une les différentes parties du roman et les entrecouper de diverses autres lectures. Bah voui, V.Hugo lui-même n'a pas publié 1750 pages d'un coup. Le roman est paru petit à petit, partie par partie. Alors je vais faire comme le lecteur du 19e siècle : attendre un petit peu entre chaque partie. Puis, faut varier les plaisirs... et les faire durer !  
  
     En réalité, je triche un peu pour le moment.  Mais un tout petit peu seulement. Pour le moment, il s'agit d'une relecture. J'avais en effet déjà tenté le défi l'été 2010, il y a donc quatre ans. J'avais lu les deux premières parties, "Fantine" et "Cosette", et le début de la troisième "Marius". Je m'étais arrêtée à la page 745 de mon édition (le marque page y est toujours !), soit 170 pages avant la fin du premier tome chez Folio classique. Puis, j'ai arrêté. Je partais en vacances, et je voulais des lectures plus "légères", disons moins "prenantes". Le problème est que je n'ai jamais repris ensuite. Mais j'avais adoré. D'ailleurs, à la fin de cette première partie, j'adore toujours autant ! C'est Victor, quoi ! J'avais déjà lu, il y a quelques années, Notre Dame de Paris, et là aussi je m'étais régalée !
Bref, revenons aux Misérables.


    L'OEUVRE est donc découpée en cinq parties portant chacune sur un personnage, à l'exception de la quatrième : 
  1. Fantine (367p)
  2. Cosette (328p)
  3. Marius (294p)
  4. L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis (417p)
  5. Jean Valjean. (348p)
     Chacune de ces parties est divisée en livres, eux-mêmes divisés en chapitres, lesquels ont pour titre une petite indication de ce que l'on va lire. Une structure de l'oeuvre très complexe et réfléchie donc.

     LES PERSONNAGES. Le roman commence par la présentation de Monseigneur Bienvenu, c'est-à-dire, M.Myriel, évêque de Digne. La présentation est assez longue (presque 80 pages) et, finalement, même si on  a hâte de découvrir les personnages principaux tels que Jean Valjean, Fantine, Cosette, Javert (c'est-à-dire les personnages connus de tout le monde sans forcément avoir lu l'oeuvre), on se rend compte que cette présentation de l'homme juste est nécessaire. En effet, c'est la rencontre du forçat Jean Valjean avec cet évêque qui déterminera l'évolution du bagnard, et donc la suite de l'histoire. D'ailleurs, on se rend compte par la suite, qu'en fait, monsieur Madeleine, maire de Montreuil-sur-Mer, n'est autre que le double de l'évêque. Et pour cause, monsieur Madeleine EST Jean Valjean. Sa rencontre a tellement été déterminante pour son avenir qu'il lui rend hommage en appliquant les mêmes principes de vie que lui.
     Monsieur Madeleine donc, celui qui refuse tous les honneurs, les bénéfices financiers pour donner aux pauvres. L'homme aimé, respecté, admiré de tous. Ou presque. Seul un homme (mais est-ce réellement un homme tellement son instinct est animal ?) doute de cette bonté. Un homme cherche la faille chez ce bon monsieur Madeleine. Cet homme, c'est l'inspecteur Javert. Personnage tout aussi fascinant qu'il est terrifiant ! Les faces-à-faces Madeleine / Javert sont chaque fois époustouflants. Le dernier clôt la première partie sur un terrible suspense qui donne immédiatement envie de connaître la suite de l'histoire. Je comprends tout à fait que les lecteurs du 19eme siècle se soient rués sur la deuxième partie lors de sa publication !
      Mais il y a évidemment Fantine dans cette première partie. Fantine dont on suit la lente et inexorable chute. La belle et rêveuse Fantine, avec ses magnifiques cheveux blonds, ses belles dents blanches, sa pudeur. Fantine qui n'a pas su résister aux charmes de ce mufle de Félix Tholomiès. Union dont résulte Cosette. Fantine qui après le départ de son amant se retrouve seule, dans le besoin, incapable d'élever Cosette (ou Euphrasie, Cosette étant une diminutif) âgée de presque trois ans. Fantine qui se laisse berner par l'image d'Epinal que renvoient la Thénardier et ses deux filles. Fantine qui abandonne donc sa fille à ses odieux personnages, puis se retrouve mise au ban de la société de Montreuil suite aux racontards d'une vieille bigote. Fantine qui pour payer les Thénardier se retrouve à vendre ses cheveux, puis ses dents et qui enfin finit comme "fille publique". On ne peut être qu'ému, apitoyé devant ce personnage au tragique destin.

    L'INTRIGUE est assez longue à se mettre en place dans la première partie. On découvre les personnages progressivement, mais par moments, j'aurais aimé que l'action soit davantage présente. En même temps, c'est une relecture. Je savais ce qu'il allait se passer. J'étais donc un peu pressée et certains passages, qui m'avaient plu lors de la première lecture, m'ont un peu insupportée cette fois-ci. .
     En 1815, Jean Valjean sort du bagne de Toulon où il a purgé une peine de dix-neuf longues années pour avoir volé un morceau de pain puis avoir tenté de s'évader. Il arrive dans la petite ville de Digne où il trouve refuge chez l'évêque, Monseigneur Bienvenu. Malgré toute la bonté de l'évêque, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit, emportant avec lui l'argenterie de son hôte. Il est arrêté au petit matin par les gendarmes qui le ramènent chez l'évêque. Celui-ci confirme le mensonge du bagnard, c'est-à-dire qu'il dit aux gendarmes que c'est lui-même qui lui a offert son argenterie, et il pousse même jusqu'à dire au forçat qu'il a oublié d'emporter les deux chandeliers en argent. Jean Valjean n'en revient pas. Cependant, cette bonté a un prix. L'évêque lui dit : "c'est votre âme que je vous achète". Le misérable repart, abasourdi par tant de bonté. Cependant, en chemin, un dernier acte misérable sera commis. Il volera une pièce à une jeune savoyard, Petit-Gervais. Quand il prend conscience de son geste, il est trop tard. Petit-Gervais a disparu. C'est à partir de ce moment que surviendra la transfiguration de Jean Valjean.
    Arrivé à Montreuil-sur-Mer, il prend l'identité de monsieur Madeleine, et devient le bienfaiteur et le sauveur de la ville. Seul l'inspecteur Javert refuse de croire aux apparences et suspecte l'homme vénéré d'être l'ancien forçat qu'il a connu à Toulon. Jean Valjean ira jusqu'à sauver Fantine des griffes de Javert et lui fait la promesse de ramener Cosette auprès d'elle. Seulement, un événement va venir tourmenter la conscience de Madeleine.
    En 1823, Un homme est accusé d'avoir volé des pommes et d'être Jean Valjean. C'est l'affaire Champmatthieu. Monsieur Madeleine passe tout la nuit à se demander ce qu'il doit faire ? laisser accuser cet homme et l'envoyer au bagne à perpétuité ? ou révéler sa véritable identité et subir les conséquences qui en résulteront ?

Pour conclure, j'ai de nouveau passé un agréable moment de lecture en compagnie des Misérables. Et même si je connais la suite, du moins ce qui se déroulera dans la deuxième partie, j'ai hâte de poursuivre la lecture de ce monument de la littérature française.

6 commentaires:

  1. Je me suis récemment acheté l'intégral et je compte bien m'y mettre aussi !!
    Mais j'avoue j'ai un peu peur, j'ai tenté de lire Notre dame de Paris il y a 2-3 ans et pas moyen de rentrer dedans... J'espère que je n'aurais pas le même problème avec les Misérables... En tout cas ton avis donne envie ;)

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  2. Je crois que la peur éprouvée face à ce roman est normale. Même si le début manque un peu d'action, il faut persévérer parce que ça vaut vraiment le coup. J'espère que tu réussiras à plonger dans cette lecture avec plaisir.

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  3. C'est marrant, pendant longtemps je n'aimais pas spécialement les classiques, à l'exception d'Hugo. J'avais lu une version abrégée quand j'étais enfant, puis j'ai lu Les Misérables en entier (ou presque...) adolescente - le seul passage qui m'a vraiment ennuyée étant le chapitre sur Waterloo avec ses descriptions techniques et longues qui n'amènent rien au fil rouge principal. Les toutes premières pages de ND de Paris m'ont fait le même effet, c'est vrai qu'à notre époque tomber sur une description aussi longue et minutieuse en guise d'introduction d'une oeuvre ce n'est pas quelque chose d'habituel, et c'est assez fastidieux à suivre ! :) Là encore j'avais zappé plusieurs lignes, paragraphes ou pages (je ne sais plus) à ma première lecture. Pourtant, de Hugo, elles restent mes deux œuvres préférées, je les relis de temps en temps.

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  4. Pour le chapitre sur Waterloo, prise d'un profond ennui, j'avais finalement sauté allégrement une bonne cinquantaine de pages, lors de ma première lecture. Quand je relirai (sous peu !) le deuxième livre, j'espère réussir à lire ce chapitre !

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  5. Je l'ai lu il y a longtemps (Je partage ton avis sur le chapitre sur Waterloo un peu longuet), je me suis promis de le relire un jour ...
    Ce chef d'oeuvre est une merveille !
    A très bientôt Victor !

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  6. Ton commentaire me rappelle que j'ai laissé tomber Victor depuis maintenant 6 mois ! Va falloir que je reprenne cette lecture au plus vite...

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